Profile Tony Flatley
La bosse des affaires
Tony Flatley, président du Comité représentatif international des directeurs d’école, a constaté que son premier amour, à savoir les mathématiques, lui a été très utile au cours de ses 34 années d’enseignement.
Entretien : Pam Upton.
"Elle va me coûter une fortune!". Le elle en question étant Elizabeth, une élève de dernière année du Collège canadien Esther-Blondin à Saint-Jacques au Québec. Cette parodie de l’homme prudent originaire du Yorkshire vient de Tony Flatley, chef d’établissement et président du Comité représentatif international des directeurs d’école (CRID). Il a un petit rire lorsqu’il raconte comment la jeune fille de 17 ans est venue à son bureau.
"Elle s’est présentée, se souvient-il, puis elle m’a dit qu’elle faisait partie de l’équipe de basket et qu’elle aidait l’entraîneur des années un et deux. Ensuite, elle m’a demandé si je connaissais le prix d’un tuba. J’ai répondu non. “Eh bien, a-t-elle ajouté, le département de musique va faire l’acquisition de quatre nouveaux tubas alors que la salle de sports a désespérément besoin d’un nouveau plancher."
L’humour cède la place à la fierté lorsque Tony Flatley se souvient de la manière claire, confiante et respectueuse dont Elizabeth s’était exprimée. Elle avait déjà navigué sur Internet et avait vérifié ses chiffres.
"Elle n’était pas venue simplement pour émettre des critiques, dit-il, mais elle proposait d’éventuelles solutions. Elle ira loin."
Le Collège Esther-Blondin est un établissement dispensant le Programme de premier cycle secondaire, qui compte 1 100 élèves originaires des différentes collectivités rurales éparpillées dans la splendide région de Lanaudière dans la province de Québec au Canada. Le directeur décrit le rythme de vie bien plus calme qu’en ville.
"Les élèves arrivent ici lorsqu’ils ont 12 ans, explique-t-il. La plupart d’entre eux n’ont même pas visité Montréal qui se trouve à peine à 50 minutes. Alors une éducation internationale permet vraiment de leur ouvrir l’esprit. Cela signifie que quelque soit l’endroit d’où vous venez, rien ne peut vous empêcher d’explorer le monde et de relever ses défis."
Le curriculum vitae de Tony Flatley témoigne de sa propre passion pour les défis. Cet enseignant de mathématiques, émigré au Canada il y a plus de 30 ans, a obtenu son premier poste de directeur à l’âge de 32 ans et a dirigé, depuis, des infrastructures privées et publiques, dans des établissements d’enseignement primaire et d’enseignement secondaire, en ville et à la campagne. Sa grande expérience lui a permis, il y environ six ans, d’être le candidat idéal pour le poste de président du CRID.
Ce Comité se réunit deux fois par an, généralement à Genève en Suisse. Ses 16 membres sont élus par les quatre Comités régionaux (CRRD) et il constitue un tiers du Conseil de fondation, ce qui témoigne de l’importance de ce Comité au sein de l’organisation.
Selon Tony Flatley, la force de l’IB réside dans le fait que son organisation est basée sur une approche ascendante, qui repose sur le jugement et l’expérience des enseignants. Les établissements jouent un rôle essentiel dans la promotion de l’IB, qui est essentiellement financée par les droits et frais dont s’acquittent ces établissements.
Les chefs d’établissement amènent une large palette de perspectives aux débats de l’IB. Ils apportent également leur expertise sur le plan financier.
"L’IB est une entreprise, affirme Tony. Certains n’aiment pas entendre ça. Ils préfèrent mettre l’accent sur la mission pédagogique ou la philosophie familiale. Évidemment, l’IB, c’est tout ça, mais en définitive, notre succès dépend du rapport qualité-prix."
La perspective et la contribution apportées par le CRID à la gestion de l’augmentation des droits et frais donne un exemple récent de la participation de ce comité à la gestion de l’IB. Il y avait un sentiment général que le Programme du diplôme de l’IB subventionnait les autres programmes, il fallait donc modifier la structure des droits et frais. Le CRID a consulté les directeurs de toutes les régions et a aidé à résoudre le problème et à mettre en place des principes clés.
Mais Tony Flatley admet que certaines des discussions « les plus intéressantes » du CRID ont lieu après 18 heures au bar de l’hôtel.
"Les directeurs forment une équipe sympathique, explique-t-il en riant. Vous ne pouvez pas vous prendre trop au sérieux lorsque vous vous occupez de jeunes tous les jours. Effectivement, il nous arrive parfois de nous fâcher les uns avec les autres. Il faut que nous menions nos discussions à terme. Mais le secret du bon fonctionnement, c’est le respect mutuel et l’objectif partagé de veiller à ce que l’IB atteigne tout son potentiel."
Le communiqué de Bangkok souligne l’importance de la participation des chefs d’établissement au sein de l’IB. Une synthèse des discussions variées qui ont eu lieu lors de la dernière conférence des directeurs d’écoles, elle illustre les relations de réciprocité entre les établissements et l’organisation. Elle débute par une « Déclaration de principes », puis poursuit avec une liste de ce que demandent les établissements à l’IB. La dernière section reconnaît les responsabilités des établissements et le soutien qu’ils peuvent apporter à l’IB.
"La conférence des directeurs était incroyable, se souvient Tony. Trois cents directeurs originaires d’établissements dispensant les programmes de l’IB dans le monde entier sont venus à Bangkok. Ce communiqué témoigne de leur enthousiasme et de leur engagement pour l’avenir de l’IB."
Le propre enthousiasme et l’engagement de Tony Flatley sont clairement aussi forts qu’avant, c’est donc un choc d’apprendre qu’il projette de quitter le Collège Esther-Blondin cette année. Au même moment, son mandat de président du CRID arrive à son terme. Après 30 ans de prise de décision professionnelle, Tony Flatley est étrangement encore indécis quant à ses activités futures. C’est simplement qu’il prend son temps avant de se décider.
"J’ai de nombreux projets qui sont en suspens, dit-il. Je veux prendre du temps, me détendre avec ma famille et décider de ce qui m’intéresse."
Quelle que soit la prochaine étape pour Tony Flatley, il l’abordera sans aucun doute avec enthousiasme, humour, tolérance et intelligence. Ce sont là des qualités qui certes caractérisent un véritable natif du Yorkshire, mais également celles d’un ambassadeur de l’IB pour la vie.
CV
Enseignement et administration de l’éducation
1950
Né à Leeds, Angleterre
1972
Diplômé en mathématiques et physique à l’université de Liverpool, R-U
1973
Obtient un diplôme d’enseignement universitaire en éducation, au Christ’s College, Liverpool, R-U
1973-6
Enseigne les mathématiques et les sciences dans des établissements d’enseignement secondaire en Angleterre
1976
S’installe au Canada. Trois année plus tard, il sera nommé directeur adjoint du collège de Katimavik au Québec
1982-3
Enseigne les mathématiques dans l’armée de l’air marocaine à Marrakech
1983
Occupe son premier poste de directeur à l’école de Katimavik. Suite à une restructuration, il est nommé adjoint puis directeur de la section d’enseignement primaire
1988
Revient à la direction de l’enseignement secondaire avec pour mission de mettre en place un établissement international, l’École Secondaire de Rochebelle, au Québec
1997
Obtient une maîtrise d’administration publique
1997
Arrive au Collège Esther-Blondin, au Québec. Met en place le PPCS. Chef d’établissement depuis 1999
Postes occupés au sein de l’IB
1993-6
Membre du groupe de travail sur le projet personnel de l’IB
1994-2000
Animateurs d’atelier et conférences de l’IB
1996-jusqu’à aujourd’hui :
Membre d’équipes chargées de visites d’autorisation et d’évaluation pour l’IB
2000-03
Membre du Comité régional représentatif des directeurs d’écoles d’Amérique du Nord
2001-03
Président du comité des établissements dispensant le PPCS
2000-jusqu’à aujourd’hui :
Membre du Conseil de fondation
2001-jusqu’à aujourd’hui :
Président du Comité représentatif international des directeurs d’école (CRID)
Conference des directeurs d'ecole 2006
Le communiqué de Bangkok
Nous croyons que:
Les établissements de l’IB peuvent devenir des établissements modèles qui motivent la prochaine génération à devenir des inventeurs créatifs plein d’humanité
Les programmes de l’IB devraient être accessibles à tous
Les partenariats bien établis entre l’IB, les établissements et d’autres organisations renforce l’ouverture d’esprit dans la communauté
La communauté de l’IB est une communauté de « donneurs » plutôt que de « receveurs »
Apprendre, c’est penser, réfléchir, communiquer et agir
Il est plus important de comprendre que d’être compris
Nous demandons à l’organisation de:
Toujours être fidèle à sa mission consistant à encourager l’ouverture internationale
Avoir le courage d’être souple, de s’adapter et de se développer
Promouvoir et soutenir les liens interculturels
Proposer des solutions permettant aux établissements d’accéder aux programmes de l’IB
Mettre l’accent nécessaire sur l’axe de qualité du plan stratégique
Continuellement suivre et améliorer les programmes
Nous lui apporterons notre soutien en:
Travaillant en partenariat avec l’organisation pour la développer et l’améliorer
Apportant notre amitié, notre énergie, notre intégrité, notre connaissance et notre respect mutuel : la marque de courage et de flexibilité d’un enseignant du monde
Réfléchissant à la culture, aux valeurs, aux convictions et aux liens entre les gens
Agissant de manière à ce que personne ne se sente exclu
Renforçant la communication pour qu’elle soit encore plus efficace entre les établissements, le CRDD, le CRID et l’organisation
Promouvant et en soutenant le profil de l’apprenant

"Les élèves arrivent ici lorsqu’ils ont 12 ans, explique-t-il. La plupart d’entre eux n’ont même pas visité Montréal qui se trouve à peine à 50 minutes. Alors une éducation internationale permet vraiment de leur ouvrir l’esprit. Cela signifie que quelque soit l’endroit d’où vous venez, rien ne peut vous empêcher d’explorer le monde et de relever ses défis."