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L’école durable de A à Z

Du simple recyclage aux leçons en plein air, les écoles du monde de l’IB prennent l’environnement très au sérieux. Katie Jacobs a réuni les plus beaux exemples de gestes environnementaux dans le monde, du plus étonnant au plus inspirant.

L’école durable de A à Z

A

« Regarder les nuages, écouter les oiseaux, se salir, trouver de petites grenouilles entre les fraises… » Barbara Roether, enseignante de sciences humaines à la Pacific Rim International School en Californie (États-Unis), dresse la liste des expériences que vivent ses élèves en dehors de la salle de classe, grâce à un partenariat entre l’établissement scolaire et une ferme de la région. Les élèves se rendent à la ferme toutes les semaines pour y découvrir l’agriculture durable en semant des graines et en récoltant et cueillant. Ces jeunes citadins apprennent à apprécier un style de vie bien éloigné du leur. « Ils comprennent que ce qu’ils mangent et utilisent tous les jours demande une certaine quantité de travail, explique Barbara. Ils apprennent que tout a une origine. 


B

Le bord de mer n’est pas qu’un simple lieu de villégiature : les plages sont l’endroit idéal pour promouvoir le développement durable. Sur la Costa Brava, des élèves de 11e année de l’American School of Barcelona, en Espagne, ont rempli plus de 40 sacs poubelles de déchets en trois heures. Pour leur enseignante Victoria Cole, le succès est double : « Non seulement mes élèves se sont rendus compte de la quantité de déchets, mais cela a également permis aux vacanciers de voir à quel point leur plage était sale. » La West Island School de Hong Kong a poussé l’aventure encore plus loin : quinze élèves et deux enseignants ont enfilé tubas et palmes pour inspecter la qualité de l’océan autour de l’île pendant trois jours. Cette évaluation de la quantité de déchets dans l’eau et sur la plage a permis d’aider les organisations locales à mieux cibler leurs opérations de nettoyage.


C

Connaissez-vous l’empreinte carbone de votre établissement scolaire ? L’International School Bangkok, en Thaïlande, s’est procuré ces informations environnementales essentielles grâce aux efforts de quelques élèves en sciences qui ont recueilli et analysé des données. Ces élèves intrépides ont ainsi découvert que l’établissement produit 7 400 tonnes de CO2 par an. « La quantité ne nous a pas surpris, raconte Christine Tananone, coordonnatrice du programme CAS. En revanche, nous ne pensions pas que le transport aérien était le plus gros contributeur. » Les élèves recommandent de réduire les voyages à l’étranger à l’occasion d’événements sportifs ou éducatifs. La climatisation et l’éclairage ont par ailleurs été remplacés pour consommer moins d’énergie et réduire les émissions de 30 %.

Ce type d’effort s’étend à toute la communauté de l’IB, qui porte une grande attention envers les hommes et aura toujours besoin de voyager de par le monde. Mais la réduction du nombre de voyages et de leurs conséquences pour l’environnement est une vraie priorité. La formation en ligne des nouveaux examinateurs, organisée au printemps 2009, a permis d’économiser 8 740 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 38 700 heures de vol. Les réunions de normalisation pour les examinateurs superviseurs, qui se sont également tenues en ligne, ont permis d’économiser 342 tonnes qu’auraient émises les vols vers Cardiff. Toujours en 2009, la conférence de la région Asie-Pacifique à Pékin, Chine, a été la première à afficher un bilan carbone neutre en réservant des hôtels écologiques, en limitant l’usage du papier et en encourageant les participants à compenser leur voyage.


D

Développer l’écosystème parfait pour la pêche est généralement le pré carré des scientifiques et des hommes politiques. Mais des élèves de l’American International School of Lusaka, en Zambie, rassemblent et analysent des données qu’ils présenteront à leur ministre de la Pêche. Cette étude devrait permettre de déterminer où et quelles quantités pêcher. « Le poisson est une source importante de protéines pour les Zambiens, » explique leur enseignant, François de Ryckel. Participer à la création d’un modèle de pêche durable est donc essentiel.


E

Le tourisme vert permet au Mexico City College de former des voyageurs conscients des problèmes environnementaux. Plusieurs voyages ont mis les élèves aux prises avec des cultures radicalement différentes de la leur afin de les aider à faire des choix durables durant leurs vacances. « Ce sont plus des voyages éducatifs que de vraies vacances, » précise Elynn Vazquez, coordonnatrice du Programme du diplôme. Parmi les destinations figurent un centre de recherche sur les énergies de remplacement et une communauté indigène autosuffisante.


F

Les flashmobs (rassemblements éclair) les plus connues sont notamment à l’origine de la plus grande bataille de polochons au monde ou de la discothèque silencieuse. Mais des élèves de St John’s, dans le Wiltshire (Royaume-Uni) ont utilisé le pouvoir de ces manifestations éclair pour inciter le Premier ministre britannique Gordon Brown à participer à la conférence de Copenhague sur le climat. Dans le monde entier, des jeunes se sont réunis pour demander la même chose à leur chef d’État. À Londres, 33 élèves ont appelé le standard téléphonique de Gordon Brown, qui a confirmé sa présence au sommet international plus tard ce même jour.


G

De nombreux systèmes éducatifs commencent à enseigner le développement durable. Si le cours de systèmes de l’environnement et sociétés du Programme du diplôme de l’IB prêche la parole verte à des milliers d’élèves, une approche globale permettrait de s’assurer que tous les élèves des écoles du monde de l’IB s’initient à l’écologie. Qu’il s’agisse de débattre du prix de la pollution en cours d’économie ou de réfléchir sur une poésie à sensibilité écologique en cours de langue, l’important est le contexte, estime Malcolm Nicolson, responsable en chef du développement du PPCS. « Les élèves doivent aborder la question de l’environnement tous les ans, dans l’ensemble de leur programme. Le changement doit commencer dans les salles de classe, en trouvant les questions qui provoquent des émotions et font réagir les élèves. »


H

À la Yew Chung International School de Shanghai, en Chine, les élèves ne jettent pas les ordures : ils les portent. L’établissement scolaire a organisé un défilé écologique avec des habits conçus à partir de capsules de bouteille, de filtres à café et de bouchons. « Les vêtements sont là pour nous rappeler le pouvoir du recyclage, » explique Daun York, leur enseignante d’art. Elle estime que le tri des déchets effectué par les éboueurs plutôt que par les foyers empêche les élèves de mesurer l’importance d’un tel geste.


I

Transformer les ordures en art interactif est la manière la plus créative de faire prendre conscience aux élèves du nombre d’objets que nous accumulons. Donnah Ciempka, enseignante d’art à la Western Academy of Beijing, en Chine, explique : « au départ, les garçons étaient très excités à l’idée de casser du vieux matériel électronique, mais ils se sont rapidement rendu compte qu’ils pouvaient faire une différence à travers leur art. » La Northfields International High School, à l’Île Maurice, a ajouté un soupçon de compétition : les élèves qui ont imaginé les objets les plus créatifs à partir de bouteilles en plastique ont obtenu quelques privilèges à la cantine.


J

Deux têtes valent mieux qu’une : il n’est donc pas étonnant que les élèves joignent les mains pour agir ensemble. « Sauver la planète peut aussi être amusant, » juge Karan Khanijou, de la British International School du G-Force club de Phuket, en Thaïlande. Le Siauliai Didzdvaris Gymnasium, en Lituanie, a créé le Green Submarine Club : « l’environnement ne peut pas attendre que nous trouvions des solutions chacun de notre côté, » explique Donara Barojan.


K

L’American School of Puebla, au Mexique, recycle par kilos. Précurseur en matière d’écologie, l’établissement a commencé à recycler il y a 20 ans, en installant des boîtes dans chaque salle de classe. Le mercredi est le « jour du recyclage », et les familles sont invitées à apporter leurs déchets. L’établissement dispose même d’un mixer industriel pour que les élèves puissent fabriquer leur propre papier recyclé. Teresa Concha, coordonnatrice pour l’environnement, raconte que d’anciens élèves devenus parents viennent la remercier de leur avoir appris l’écologie aussi tôt.


L

Il ne s’agit pas d’un régime, et pourtant la Silver Oaks School d’Hyderabad, en Inde, a décidé de réduire son impact environnemental en « vivant plus léger ». La chef d’établissement, Seetha Murty, explique que cette philosophie, qui invite à faire la différence entre besoin et envie, est au programme depuis trois ans. « C’est notre priorité absolue, explique-t-elle. Il est important de préserver nos ressources, mais il est tout aussi important d’empêcher les gens d’acquérir des objets inutiles, qui créent des déchets. » Recyclage extensif, cadeaux durables et débats sur les dommages des achats impulsifs sont au cœur du programme. Et les élèves apprécient : « ils se sont surnommés l’Armée du Salut de Silver Oaks, » ajoute Seetha.


M

« Nous pensons que les médias de masse sont parmi les outils les plus efficaces pour modifier le comportement des individus, » déclare Jesus Ortiz, responsable des cours d’anglais au Gimnasio Del Norte, Bogotá, Colombie. C’est pourquoi ses élèves ont participé à une émission de radio en ligne de 24 heures intitulée « Nous parlons au nom de la planète ». Abordant les questions écologiques, les animateurs ont incité les internautes à sortir, planter un arbre et en envoyer une photo. « Nous pensons pouvoir créer un débat international et diffuser nos idées dans le monde entier, » ajoute Jesus. Si le monde entier tend effectivement l’oreille, ils pourraient bien y parvenir.


N

Le Parc national de Sperrgebiet est l’une des zones les mieux préservées de Namibie. Les élèves de l’IB à la Windhoek International School ont eu la chance de s’être vu accorder un accès exceptionnel pour se rapprocher de la nature. Ils ont ainsi pu y recueillir des spécimens, nettoyer les forêts et peindre un centre de recherche. « L’environnement est l’essence d’un pays, » estime Sue Huck, enseignante de biologie.


O

Tout le monde sait que l’apprentissage ne s’arrête pas aux portes de l’école, mais l’Upper Canada College, à Toronto (Canada), a pris l’expression au pied de la lettre et a fait construire une salle de classe en plein air. Un nouvel amphithéâtre fait ainsi office de salle de classe permanente et devrait attirer les animaux, améliorer le drainage, et contient en outre une clôture verte « vivante » équipée de panneaux solaires. De l’autre côté de l’Atlantique, les élèves de l’American School of Paris bénéficient d’une véritable oasis de tranquillité avec un étang, un potager et un jardin aux papillons, autrement dit un cadre idéal pour étudier l’écologie et les sciences de l’environnement.


P

Un million de sacs en plastique sont utilisés chaque minute dans le monde. La plupart n’est pas biodégradable et est rarement réutilisée. Des élèves zélés de l’American School of Bucharest, en Roumanie, se sont joints à la campagne de Jane Goodall pour favoriser l’utilisation des sacs réutilisables. Ils ont déjà créé des affiches pour l’établissement et imaginé et vendu des sacs en tissu. « Si les élèves peuvent aider les gens à réfléchir à deux fois avant d’utiliser un sac plastique, ils auront atteint leur objectif, » explique leur enseignante Janice Myles.


Q

Inciter les élèves à se poser des questions sur le monde qui les entoure est essentiel. Et la curiosité pour l’environnement revêt désormais un rôle important parmi les quelque 4 000 élèves du Programme du diplôme de l’IB qui suivent le cours de systèmes de l’environnement et sociétés. Ce cours, lancé en 2001, est entièrement disponible depuis 2008. Il vise à donner aux élèves une perspective cohérente sur les relations entre les sociétés humaines et l’environnement, mais aussi à leur permettre d’évaluer les enjeux d’un point de vue scientifique, sociopolitique, économique et éthique.


R

Pourquoi se contenter de recycler du papier quant on peut aussi réutiliser l’eau et les rayons du soleil pour alimenter son établissement scolaire  en énergies renouvelables ? Le campus durable de l’Anglo-American School of Sofia, en Bulgarie, a été reconnu comme le bâtiment le plus écologique du pays. Les eaux usées sont filtrées, mélangées à l’eau de pluie et utilisées pour irriguer les sols. Des panneaux solaires chauffent l’eau pour les salles de bain et les radiateurs, tandis que 68 puits de lumière et 40 fenêtres permettent de profiter au maximum de la lumière naturelle.


S

« La durabilité ne se réduit pas au trio réduire – réutiliser – recycler, » déclare Marcia Behrenbruch, directrice adjointe du St Leonard’s College de Melbourne, en Australie. C’est pourquoi l’établissement a développé son propre modèle de pensée soutenable. Inspiré de la « pensée raisonnée » développée à l’Université de Harvard, ce modèle comporte quatre « anneaux de durabilité » : naturel, personnel, techno-urbain et socioculturel. Chaque anneau s’accompagne de questions-guides permettant d’aider les élèves à structurer leur apprentissage dans toutes les matières. En cours, ces questions contribuent à développer un raisonnement philosophique et encouragent les élèves à « peser leurs actes pour le bien de la planète. » Les anneaux sont visibles dans tout l’établissement et les documents de planification des cours demandent, dès les premières lignes, aux enseignants en quoi ce module permettra aux élèves de développer leur compréhension de la durabilité. « Nous voulons que la durabilité devienne un objectif d’apprentissage à long terme, pas un slogan, » ajoute Marcia.


T

La poétesse américaine Lucy Larcom écrivait : « Qui plante un arbre plante un espoir ». Les élèves de l’Auckland International College, en Nouvelle-Zélande, ne diront pas le contraire : ils ont planté près de 10 000 arbres dans la ville depuis plus de cinq ans. Selon Karen Lile, enseignante de géographie, ce chiffre témoigne de leur engagement. Elle ajoute que même si cela implique de travailler durant le week-end, il y a un « engouement impressionnant » pour planter : « Ils adorent travailler ensemble en extérieur et mettre les mains dans la terre. »


U

La mangrove stocke le carbone ; un hectare de ces arbres consomme en moyenne 1,5 tonne de carbone par an. Le Renaissance College de Hong Kong a mis au point un programme de plantations sous-marines pour compenser ses émissions, en plantant de la mangrove sur la côte, le long de Starfish Bay. Louis Kang, l’élève à l’origine de cette idée, s’explique : « La mangrove est unique et polyvalente : développer un écosystème fondé sur la mangrove est une bonne solution pour lutter contre le réchauffement climatique. »


V

« Penser vert, agir vert » : c’est la déclaration de mission du Colegio Franklin Delano Roosevelt de Lima, au Pérou. Pour diffuser son message, « l’équipe verte » a choisi le Net et a créé un espace de discussion virtuel sur un blog. « Nous l’avons conçu comme une façon écologique d’informer la communauté de nos objectifs, » explique Mary Nakada, coordonnatrice des communications. Le site contient des informations sur les objectifs environnementaux de l’établissement scolaire ainsi que des astuces écologiques.


W

L’heure du repas de midi à l’école implique forcément quantité de déchets inutiles. La Children’s World Academy de Québec, au Canada, a recours au compost pour que les restes d’aujourd’hui alimentent les légumes de demain. « De nombreuses familles ont des systèmes de compost chez elles, c’était la suite logique, » explique David Meloche, directeur de section. Les restes du repas sont placés dans une poubelle à l’extérieur, et chaque salle de classe dispose d’une boîte à compost pour les restes des goûters.


X

Le programme d’études de l’IB encourage les élèves à devenir xénophiles : l’Osaka International School, au Japon, s’adonne à cette philosophie à travers un partenariat avec la SMK Payangan High School de Bali. Les élèves récoltent des fonds pour créer un centre de formation durable alimenté uniquement par des énergies renouvelables. Jusqu’à présent, 3 000 USD ont été récoltés, mais les gains sont plus que financiers : les élèves visitent les deux pays, prennent part à des projets environnementaux et découvrent des cultures différentes.


Y

Les élèves de la Western Hills High School au Texas, aux États-Unis, s’étaient mis en tête de développer un programme de recyclage. Ils ont été les premiers surpris lorsque le département des services de l’environnement de Fort Worth les y a encouragés en répondant favorablement à leur demande de bourse de 1 500 USD. L’établissement scolaire, qui ne disposait d’aucun système de recyclage organisé, au grand regret de Kim Riddle, l’élève à l’origine de la demande, possède aujourd’hui des corbeilles à papier dans toutes les salles de classe, fruit d’une véritable démocratie.


Z

À l’International School of Bogor, en Indonésie, les élèves partagent leurs salles de classe avec des chats, des chiens, des poissons, des chevaux, des insectes et même un cacatoès, tous abrités dans une sorte de mini zoo spécial, ou « zone multi-espèces ». En fin de journée, des ateliers encouragent les élèves à passer du temps auprès des animaux. La coordonnatrice du Programme primaire, Muria Roberts explique : « Nous devons apprendre à partager la Terre et ses ressources avec les autres espèces comme avec les autres hommes. »